Call for Papers Journal Clara. Intermediality in Architecture: Representation and the Aesthetics of Reflexivity

ENGLISH VERSION (see French Version below)

INTERMEDIALITY IN ARCHITECTURE: Representation and the Aesthetics of Reflexivity

Guest Editors: Victoire Chancel, Carla Frick-Cloupet, Wouter Van Acker

Architectural design, as a projective and representational practice, unfolds through a series of media that continually refer to one another. Today, this interconnectedness is boosted through the multiplication of spaces in which architecture is disseminated. Over the last twenty years, architecture has become increasingly mediatized. To some degree, this is a consequence of the growing institutionalisation of architectural culture (and its output in the form of exhibitions, publications, conferences, prizes, etc.), and the increased speed and ease with which architectural offices now publish posts about their recent work on their website and social media accounts (Facebook, Instagram, Pinterest, Youtube, etc.). The interaction, exchange and intersection between different media within this enlarged sphere of architectural representation raises once again the question of the ‘expanded field’ of architecture (Krauss 1979, Papapetros and Rose 2014). A number of architects strategically engage in this new media condition o interrogate it reflexively. Within the purely visual discourse of the digital sphere, emerged as a result new forms of meta-references, in which architectural representations are tied up with reflections on the medium itself  (Wolf, Bantleon and Thoss 2009). In the field of architectural exhibitions, for example, artistic strategies used in the ’60s to challenge the institutional space of the museum are being redeployed to question the institutional framework and disciplinary limits of architecture (Foster 1996).

This multilayered condition of the architectural project, along with the resulting cross-references, have received relatively little attention in terms of what media and cultural studies call “intermediality”. If intertextuality is “the passage from one signifying system to another” in written texts (Kristeva 1967, 59), intermediality can be considered as the study of the transition from one medium to another. Intermediality is less concerned with the representation within a given medium than with the interplay between media (Rajewksy 2005), on which the very notion of representation relies (Ribouillault 2020). In other words, intermediality considers an object not within a single form of media but rather at the intersection of different media. In architecture, intermediality may refer to the transposition from one medium to another (e.g. photos of a building integrated into that same building), the convergence of different media to represent the same object (e.g. interactions between model, photo, collage, etc.), or the transfer of codes across different disciplines (e.g. superimposing the conventions of painting onto architecture). 

The deployment of the architectural project across several media may be considered a recent phenomenon. For some, this condition of architecture is intimately linked to the appearance of new techniques (such as photography) and spaces of dissemination in the twentieth century (Colomina 1979), which embedded architecture into the arena of modern media. Weibel (2012) and Guattari (1996) see in our present time a “post-medium” condition in which the specificity of a medium is replaced by the intermingling of media and a state of mutual influence. Yet the idea that architecture correlates with several modes of existence is at the same time hardly new. For others, the complicity between media has been part of the establishment of architecture as a discipline from the moment it was founded on the notion of the project rather than simply on the built object (Simonnet 2001). 

This issue of Clara is about the contemporary intermedial condition of architecture that might be considered novel yet emerges within a historicity in which that intermediality is an inherent part of architecture. We invite proposals which study how interactions within media function as an engine or design tool within particular projects. Contributions are particularly welcome which analyse the aesthetics of reflexivity: the trafficking between different domains of existence of the architectural project, the displacement of content from one media to another, the blurring of the terrain of publication and advertising. Finally, we encourage the submission of proposals that turn the very format of the academic contribution into an intermedial hybrid. Such a contribution could interrogate the framework of the journal by interweaving collages, drawings, photographs and text.

Proposals for contributions should be submitted to clara.archi@ulb.be by 15 July 2022 and must include an abstract of 500 words, a proposed title, the contributor’s name, academic affiliation (if applicable), e-mail address and a short bio of maximum 100 words in a single PDF. Proposals for contributions may be submitted in English or in French.

VERSION FRANCAISE

INTERMÉDIALITÉ EN ARCHITECTURE : Représentations et esthétiques de la réflexivité

Rédacteurs invités: Victoire Chancel, Carla Frick-Cloupet, Wouter Van Acker

Le projet d’architecture, dans sa conception comme sa représentation, se développe sur une série de médiums distincts qui renvoient continuellement les uns aux autres. Ce jeu intermédial tend aujourd’hui à se renforcer face à la démultiplication des espaces de diffusion de l’architecture. Depuis une vingtaine d’années au moins, les médiations de l’architecture ont littéralement explosé, que ce soit par l’institutionnalisation grandissante de la culture architecturale (expositions, publications, conférences, prix, etc.), ou par la démocratisation des sites internet et des réseaux sociaux où s’affiche le travail des agences (sites spécialisés comme divisare, mais aussi Facebook, Instagram, Pinterest, Youtube, etc.). Au sein de cette sphère élargie de la représentation de l’architecture, les interactions, les échanges et les fusions entre les différents médiums posent une nouvelle fois comme pertinente la question du “champs étendu” de l’architecture (Krauss 1979, Papapetros et Rose 2014).Certains architectes investissent de façon stratégique cette condition médiale contemporaine ou la questionnent de façon réflexive. Ainsi, dans les discours purement visuels de la sphère digitale apparaissent de nouvelles formes de méta-références, où la représentation de l’architecture est doublée d’une réflexion sur le médium même (Wolf, Bantleon and Thoss 2009). Dans le domaine des expositions d’architecture par exemple, resurgissent des stratégies réflexives issues des arts visuels des années 1960 qui mettaient en tension l’espace même du musée, pour leur capacité à interroger le cadre institutionnel et les limites disciplinaires de l’architecture (Foster 1996).

Cette condition protéïforme du projet et les renvois entre médias qu’elle engendre a été relativement peu étudiée en architecture sous le prisme de ce que les media et cultural studies ont appelé « l’intermédialité ». Si l’intertextualité regarde « le passage d’un système de signes à un autre » dans des textes écrits (Kristeva 1967, 59), l’intermédialité peut être considérée comme l’étude du passage d’un médium à l’autre. La spécificité de l’approche intermédiale est qu’elle ne s’intéresse pas tant à la représentation au sein d’un médium donné, mais à la reconstruction des interactions intermédiatiques (Rajewksy 2005) dont dépend la notion même de représentation (Ribouillault 2020). En d’autres termes, l’intermédialité ne regarde pas l’objet uniquement à l’intérieur d’une forme médiatique mais au contraire, à l’intersection des différents médiums. En architecture, l’intermédialité peut ainsi renvoyer aux transpositions d’un medium à l’autre (e.g. l’exposition des photos d’un bâtiment dans le bâtiment), à la rencontre de différents médiums pour représenter un même objet (e.g. les interactions entre la maquette, la photo, le collage, etc.), ou encore à des transferts de codes entre les disciplines (e.g. la superposition des conventions de la peinture sur une perspective architecturale). 

Le déploiement du projet architectural sur plusieurs espaces médiatiques peut être regardé comme un phénomène récent. Ainsi pour certains, cette condition de l’architecture est intimement liée à l’apparition de nouvelles techniques (comme la photographie) et espaces de diffusion propres au XXe siècle (Colomina 1979), l’époque moderne transformant ainsi l’architecture en un champs médiatique. Guattari (1996) et Weibel (2012) voient eux dans notre temps présent une condition « post-medium » dans laquelle la spécificité propre à chaque média est niée au profit d’un entremêlement des médias allant jusqu’à leur indifférenciation. Au demeurant, l’idée que l’architecture s’inscrit de façon corrélée sur plusieurs modes d’existence n’est pas nouvelle. Ainsi, pour d’autres, la complicité entre média est consubstantielle à la fondation de l’architecture en tant que discipline à partir du moment où celle-ci s’établit sur la notion de projet, et non plus seulement sur l’objet bâti (Simonnet 2001).

Ce numéro de Clara invite à questionner la contemporanéité de la condition intermédiale de l’architecture au regard d’un régime médiatique que l’on peut considérer comme nouveau ; mais dont on peut également relativiser l’historicité en reconnaissant l’intermédialité comme une caractéristique fondamentale de l’architecture. Nous invitons tout particulièrement des contributions construites à partir de cas d’étude qui focalisent sur l’intermédialité comme moteur pour faire projet, où les interactions médiales peuvent devenir un outil de conception. Ce numéro encourage des contributions qui analysent et restituent la réflexivité des relations entre les différents domaines d’existence du projet architectural en regardant les situations de déplacement de contenu d’un média à l’autre ou encore les lieux de trouble entre l’espace médiatique et l’espace publicitaire. Enfin, nous encourageons les contributions qui voudraient se saisir du format même de la contribution académique pour l’emmener vers une proposition intermédiale qui interroge son propre cadre : les jeux d’interactions entre collages, dessins, photographies et textes sont les bienvenus.

Les propositions devront être envoyées à clara.archi@ulb.be avant le 15 juillet 2022 et doivent inclure un résumé de 500 mots, un titre provisoire, le nom du contributeur, son affiliation académique (le cas échéant), son adresse électronique et une courte biographie de 100 mots maximum dans un PDF unique. Les propositions de contributions peuvent être soumises en anglais ou en français.

References

Colomina, B. 1996. Privacy and Publicity: Modern Architecture as Mass Media. Cambridge (MA) : MIT Press.

Foster, H. 1996. Return of the Real. Cambridge (MA): MIT Press.

Guattari, F. 1996. « Vers une ère post-média ». Chimères (28) : 56.

Kristeva, J. 1967. La Révolution du langage poétique. Paris : Seuil.

Krauss, R. 1979. « Sculpture in the Expanded Field ». October 9, 30–44.

Müller, J. E. 2000. « L’intermédialité, une nouvelle approche interdisciplinaire : perspectives théoriques et pratiques à l’exemple de la vision de la télévision ». Cinémas 10 (2-3): 105–134.

Ribouillault, D. 2020. « Garden Architecture: From Representation to Transfiguration ». Le Visiteur, 25, 199-208.

Simonnet, C. 2001. L’architecture ou la fiction constructive. Paris : Les éditions de la passion.

Wolf, W., Bantleon, K., & Thoss, J. 2009. Metareference Across Media: Theory and Case Studies: Dedicated to Walter Bernhart on the Occasion of His Retirement. Leiden: Brill.

Weibel, P. 2012. « The Post-Media Condition ». Mute 19 March 2012  https://www.metamute.org/editorial/lab/post-media-condition

Échéancier prévisionnel

15 juillet 2022

Soumission des résumés d’articles

31 juillet 2022

Réponses aux auteurs

15 octobre 2022

Soumission des contributions complètes et processus de double relecture anonyme

mi-décembre 2022

Communication des commentaires des relecteurs et invitation à intégrer les éventuelles modifications

fin janvier 2023

Le cas échéant, soumission des contributions améliorées et processus de double relecture anonyme

Printemps-Été 2023

Processus éditorial

Septembre 2023

Publication de CLARA#9

Deadline: 15 July 2022
Submission of full papers: 15th October 2022
https://clararevue.ulb.be/